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One Tonner

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Two Tonner

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HITCHHICKER

 

3 Bateaux, 2 architectes et 1 décennie de révolution dans la course au large.

 

 

Ces bateaux aux rayures rouge vif dégradé sur les francs bord de leurs coques ont toujours

 

éveillé ma curiosité mais leur zone de navigation était très loin de nous, en Australie, d'où

 

l'intérêt de rassembler leur histoire dans cet article...

 

Mais un Cowes Dinard contre  Jamarella nous a rapellé tant de souvenirs aussi... 

 

 

 

Le propriétaire de cette lignée tout d'abord: Peter Briggs (1939-2022)

 

 C'était un homme d'affaires et entrepreneur minier australien, originaire de Perth, en Australie-Occidentale. Il a commencé sa carrière dans l'immobilier, a connu une faillite en 1972, puis s'est reconstruit dans le secteur minier avec beaucoup de succès. Sa fortune lui a ensuite permis de consacrer énormément de temps et d'argent à ses deux grandes passions : la voile et les automobiles anciennes.

Mais pour notre article, c'est surtout un régatier passionné et très ambitieux.

 

 Il était membre du Royal Perth Yacht Club et a représenté l'Australie à l'Admiral's Cup en 1981 et 1983 avec Hitchhiker. Il remporta également le Championnat du monde Two Ton 1981 à Porto Cervo, avec notamment Noel Robins à la barre.

Pour le premier Hitchhiker, il va jusqu'à faire installer un safran à mèche en titane fabriqué en Allemagne et commande un mât de rechange avant même la campagne de 1981. 

 Et il avait une particularité assez sympathique : il appelait son bateau Hitchhiker, c'est-à-dire " l'auto- stoppeur " celui qui voyage gratuitement . Le témoignage d'un de ses équipiers nous explique que Briggs cherchait un nom et avait simplement proposé Hitchhiker.

 C'était aussi un sacré personnage !

 Sa passion ne s'arrêtait pas à la voile. Il a possédé plus de 200 automobiles, a participé à de nombreux rallyes historiques avec son épouse Robin et a notamment remporté deux fois le Rallye historique de Monte-Carlo.

 Il avait donc un profil assez extraordinaire: entrepreneur, propriétaire de bateaux de course, collectionneur automobile et compétiteur.

 Et surtout, contrairement à beaucoup de propriétaires de grands racers des années 1980, il a conservé le premier Hitchhiker. Lors de la réunion de l'Admiral's Cup en 2018, il déclarait encore: "I still own Hitchhiker and race her at home in Perth". 

 Le bateau R303 existe toujours et navigue encore sous les couleurs du Royal Perth Yacht Club.

 

 

HITCHHICKER I : Peter Briggs le commande tout spécialement à G.Frers dans le but de

 

disputer l'admiral's cup pour l'Australie.

 

 

 Peter Briggs commande le bateau à Germán Frers au début de 1980. Le bateau mesure environ 40,5 pieds et est construit à Perth par Bakercraft,en Kevlar et Klegecell. Sa construction comporte notamment des cloisons longitudinales destinées à donner une très grande rigidité longitudinale.

 

 

   
 

Frers reprend des idées de ses précédents succès Acadia et Gitana, mais avec une approche plus moderne: déplacement modéré, fonds relativement plats, quille profonde et lignes très propres. Le bateau porte un rating IOR d'environ 31,2 pieds, étonnamment élevé pour un 40 pieds. 

 

Briggs ne lésine pas sur la préparation : gouvernail à mèche en titane fabriqué en Allemagne, mât de rechange commandé chez Stearn, gréement et poids concentrés au maximum au centre et au plus bas.

 

 

 

 

 

 Frers reprend des idées de ses précédents succès Acadia et Gitana, mais avec une approche plus moderne: déplacement modéré, fonds relativement plats, quille profonde et lignes très propres. Le bateau porte un rating IOR d'environ 31,2 pieds, étonnamment élevé pour un 40 pieds. Les ridoirs  du haubanage sont intégralement repris sous le pont ainsi que les winch de drisse actionnés sous le pont selon un code "de pied" de l'équipier d'avant pour celui qui se trouve sous le pont en pied de mat.

 Briggs ne lésine pas sur la préparation : gouvernail à mèche en titane fabriqué en Allemagne, mât de rechange commandé chez Stearn, gréement et poids concentrés au maximum au centre et au plus bas.

 

1981: l'Admiral's Cup

 

Hitchhiker est sélectionné pour l'équipe australienne de l'Admiral's Cup 1981 avec Apollo V et Ragamuffin. Les Australiens terminent deuxièmes ex æquo dans une compétition extrêmement relevée.

 

 

Mais le véritable exploit arrive ensuite.

 

 Briggs emmène le bateau en Méditerranée et à Porto Cervo, en Sardaigne, pour le championnat du monde Two Ton. Son rating est inférieur aux 32 pieds cible, il fait faire une grand voile plus généreuse pour gagner les 0.8 pied nécessaire.

 Et là: Hitchhiker devient champion du monde Two Ton 1981.

 

Le "petit" Frers dominait des bateaux parfois beaucoup plus imposants. Le Royal Perth Yacht Club confirme cette victoire comme l'un des grands succès de son histoire. Peter Briggs avait recruté Noel Robins à la barre, sa biographie ci dessous explique s'il le fallait les succès remportés par ce magnifique bateau.

 

 

Noel Robins, dit "Stumbles" (Celui qui trébuche)

 

David Noel Robins (1935-2003) était un des grands marins Australiens de sa génération, membre du Royal Perth Yacht Club. Il était surnommé "Stumbles" par ses équipiers. 

 

Son parcours est assez extraordinaire.

 

À 21 ans, en 1956, il est victime d'un très grave accident automobile qui lui fracture la colonne vertébrale et le laisse avec une mobilité très réduite des quatre membres. Pourtant, il poursuit la voile à haut niveau et décide de se mesurer aux meilleurs marins valides.

 

1977: skipper d'Australia à la Coupe de l'America

 

C'est probablement son premier grand fait d'armes international.

 

Alan Bond le choisit comme skipper d'Australia pour affronter Ted Turner et Courageous lors de la Coupe de l'America 1977 à Newport.

 

L'Australie perd la série 4-0, mais Robins devient le premier Australien à barrer un challenger de l'America's Cup. Il participe également à la campagne australienne de 1980. 

 

1981: la rencontre avec Peter Briggs et Hitchhiker

 

Peter Briggs lui confie la barre de son nouveau Frers 40 Hitchhiker pour la campagne européenne de 1981.

 

Et Robins va faire quelque chose d'assez remarquable :

 

il devient le meilleur marqueur individuel australien de l'Admiral's Cup 1981, puis emmène Hitchhiker à la victoire du Two Ton World Championship à Porto Cervo.

 

Le Yacht Club Costa Smeralda conserve d'ailleurs dans ses archives:

 

1981 - TWO TON CUP - Hitch Hicker (Australia) - Noel Robins

 

Et c'est intéressant de noter que les archives de Hitchhiker montrent qu'il était entouré d'un équipage absolument exceptionnel, avec notamment Harold Cudmore pour les régates côtières, Jack Baxter, Peter Gilmour, Dave Forbes, etc. 

 

 

 

Puis il devient organisateur de la Coupe de l'America

 

 Hitchhiker devient une véritable "machine à gagner"

 


Après la campagne européenne, le bateau retourne en Australie.

 

Il participe notamment à la Southern Cross Cup, puis à la Clipper Cup à Hawaï. Cette dernière est particulièrement dure: Hitchhiker subit même une rupture de mât après avoir été couché dans le détroit de Molokai. L'équipage reconstruit le gréement et repart courir.

 Briggs ne se contente pas de conserver son bateau : pour la campagne Admiral's Cup 1983, il dépense environ 100 000 dollars australiens pour le remettre à niveau, dont 40 000 dollars pour les voiles North Sails et un nouveau mât Zapspar remplaçant le Stearn d'origine.

 

Et ça fonctionne :

 

Hitchhiker est à nouveau sélectionné dans l'équipe australienne pour l'Admiral's Cup 1983.

Il réalise même une excellente série lors des sélections australiennes.

 

L'histoire extraordinaire de Hamilton Island

 

 

 En 1984 est créée la première Hamilton Island Race Week.

Peter Briggs décide de faire transporter Hitchhiker...... 5 000 km par camion, de Perth à Hamilton Island !

 

À l'époque, il s'agit d'un voyage gigantesque à travers l'Australie, notamment sur la Nullarbor Plain.

 

 Et le pari fonctionne :

 

 Hitchhiker remporte la toute première Hamilton Island Race Week en 1984.

 

Il gagne avec un seul point d'avance, alors qu'elle était encore quatre points derrière avant la dernière manche.

 

C'est d'ailleurs pourquoi le bateau est devenu une véritable pièce historique de la course australienne. Et l'histoire continue : Briggs conservera Hitchhiker pendant des décennies et le fera même revenir à Hamilton Island en 2008, 2013 et 2014.

 

Au total, il aura fait transporter le bateau environ 30 000 km par route pour participer à différentes éditions.

 

 

 

 

 

 

 

 

HITCHHICKER II : Peter Briggs le commande à G.Frers encore, afin

 

d'essayer de trouver quelques amélioration de rating avec la même

 

 philosophie que le "I"...

 

 

 Peter Briggs se tourne à nouveau vers G.Frers pour son Hitchhicker II en 1985, bateau de rating équivalent au Hitchhicker I qui sera descendu à 30.5 pieds cette fois pour disputer la One Ton Cup. Par manque de préparation, il ne pourra se sélectionner pour l'Admiral's Cup avec l'Australie et devra se contenter de courir pour la Papouasie Nouvelle Guinée avec Sudpack et Cifraline III. IL fera 22ème/38 à la OTC 1985, à Poole, en Angleterre.

 

 

Il semble que G.Frers sur ces années post 85 se soit fait dépasser par ses collègues Holland, Peterson et Farr, le Hitchhicker II en est l'expression. Il était aussi beau et bien proportionné, mais je pense que la jauge, moins bien travaillée ne lui aura pas été favorable. Nadia VI d'ailleurs ne brillera ensuite dans aucune grande épreuve. Il était temps pour Briggs de changer encore de bateau !

Le graphisme de la coque avec les rayures rouges et blanches a été repris, avec l'ajout de ce pouce levé pour faire du stop entre les deux premières lignes rouges verticales. Celui ci restera très mémorisable et remarquable parce que les espace rouges sont croissants de l'avant vers l'arrière et les blancs décroissant mais dans les mêmes proportions, mais à l'inverse :)

 

 

 

 

HITCHHICKER I : Peter Briggs rachète Jamarella à Alan Gray

 

 

 

 

Le bateau est un pur One Tonner de 1987 dessiné par Bruce Farr construit à Cowes par Killian Busche en Carbone / Nomex. Rodney Pattisson en a été le skipper cette première année. Ce plan N°184 suit de près le Propaganda de Nouvelle Zélande plan Farr N°182  ! Les franc-et les franc-bords ou francs-bords sont rabaissés, le tirant d'eau profond mais avec un bas de quille en polyester sans plomb, la jauge de l'époque sur-optimisée. On est sur une nouvelle génération de bateaux IOR comparés aux deux premiers Hitchhicker.

 

 

 

               

 

 

 

Les lignes typiques de Farr de cette époque, quille a voile elliptique et corde étroite, safran sabre très fin aussi. Déplacement "léger" de la coque grâce au carbone et au nid d'abeille (Nomex) Voute arrière rasante qui rallonge la flottaison en dynamique. Un bau un peu plus reculé que la moyenne de ses concurrents (Jauge)

 

 

            

 

 

 

 

 J'ai eu l'occasion de régater aux côtés de Jamarella dans un Cowes Dinard qui s'est joué au débridé médium, sur un One Ton Joubert Nivelt (Espace) avec des plans inspirés des One Tonners Néozed, et je peux vous dire que pour la vitesse y avait pas photo... Dès qu'on a choqué, on ne l'a plus revu. En fait je ne pense pas que ce soit la carène qui était meilleure. La qualité de construction et les matériaux de ce bateau permettaient plus de raideur pour un déplacement inférieur et un rating identique :).  Tout bien réfléchit je me souviens aussi avoir demandé à notre tacticienne/navigatrice si on ne devait pas le suivre en gagnant 3 noeuds sous spi au lieu de rester sur la route directe sous génois godaillant, mais je ne me souviens pas avoir reçu de réponse... 

 C'était la grande époque des voiles  en trois matériaux, Kevlar, Mylar et Dacron. Pas d'hydraulique, réserve d'huile et vérin trop lourds, de simples palans doubles ou triples. La plupart des bateaux de l'admiral's Cup avait un soft B&G qui était parmi les premiers routeurs avant l'arrivée du GPS...

 

Hitchhicker 1989.

 

 

Peter Briggs espère que ce bateau prometteur va le faire revenir dans l'équipe Australienne de l'Admiral's Cup 1989. Il le met en chantier pour l'adapter aux évolutions de la jauge cette année là et modifie profondément la poupe du bateau, la jupe initiale est presque ramenée à un tableau arrière presque droit mais encore ouvert. Briggs fait même un régime pour perdre du poids car la jauge IOR impose une moyenne de poids d'équipage de 84 kg, pas plus !

 

 

 

   

 

 

On voit très nettement sur ces photos les modifications

de la poupe. 

 Au fil des années, la trajectoire des Hitchhiker montre moins un déclin de l'ambition de Peter Briggs qu'une évolution de sa stratégie. Après avoir fait construire deux Frers spécialement destinés à ses campagnes internationales, Briggs s'était tourné avec le troisième Hitchhiker vers un bateau existant, le Farr #184 Jamarella. Or ce dernier avait été extrêmement performant lors de sa première carrière. C'est davantage le contexte — évolution rapide de la jauge IOR, concurrence croissante et renouvellement accéléré des designs — que la valeur intrinsèque du bateau qui explique le recul des résultats. 

  Le paradoxe est que le troisième Hitchhiker, pourtant issu d'un bateau qui avait terminé troisième du Fastnet deux ans auparavant, fut de loin le moins performant sous les couleurs de Briggs. 

  La réponse est probablement l'explosion de la vitesse d'évolution des IOR racers. En 1981, Briggs pouvait faire construire un bateau radicalement innovant et le garder compétitif plusieurs années. En 1989, deux ans pouvaient déjà suffire pour qu'un One Tonner soit dépassé. L'évolution des designs était devenue beaucoup plus rapide.

 

Pour mieux comprendre les "problèmes " de Briggs, il faut savoir que Propaganda, un an après sa mise à l'eau disposera d'une nouvelle quille, d'un nouveau safran, d'une modification de gréement. Et le résulta est là, 1l fait 1er dans 4 des 5 manches disputées ! A cette époque tous les meilleurs étaient des plans Farr, mais le podium était des bateaux déjà bien remaniés depuis l'époque de leur mise à l'eau.

 

Le troisième Hitchhicker n'aura pas été le moins intéressant des bateaux de Briggs, mais, je dirais, le plus "pointu". IL reste le témoin d'une époque où l'évolution de la jauge et des matériaux de construction des coques rendait déja obsolètes les bateaux qui dominaient quelques années auparavant !

 

          

 

Peter Briggs se régalera jusqu'à sa mort en 2022 avec son bateau préféré, Hitchhicker I, qu'il maintiendra au top dans les grandes épreuves de l'hémisphère sud. Il sera mis en vente en 2024 par sa famille.

 

 

 

                                       

      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           

FIN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Influence de la jauge sur les dessins de D.Peterson (Entre autres)

Par Boomer Depp

 

Merci à Julian Everitt d'avoir publié son article sur Facebook et à Boomer de m'autoriser sa traduction ci-dessous.

 

L'un des traits les plus particuliers de Ganbare sont ses dessous plats, qui permettent une quille un peu plus longue en vertical, avec un meilleur ratio pour l'allongement. Ganbare porte aussi la marque de ce qui deviendra la signature de Peterson, une étrave profonde et un arrière pincé, avec un safran monté sur un "petit bustle".

 

 

 

Ganbare trouve ses origines au fait que Peterson, à 28 ans, était un parfait inconnu mais voulait monter son propre cabinet d'architecture. Peterson misait donc sur sa propre mise en chantier d'un One Tonner avec un plan signé de ses mains. L'objectif étant de se qualifier pour la One Ton Cup qui avait lieu en 1973, en Sardaigne, Italie.

Ganbare prenait forme en seulement 11 semaines à dater de ses premières lignes tracées sur le papier. C'était le premier dessin de Peterson et il y jetait toutes ses économies pour pouvoir le mettre à l'eau. Le dessin s'inscrivait dans un budget limité donc, avec une limitation de la longueur hors tout du bateau, de la surface de voilure et du déplacement. Il en résultait des ratios surface de voilure et longueur / déplacement favorables. Avec ses 5.670 kg de déplacement, il était plus léger que les autre bateaux de sa classe, tous avoisinant les 6.800 à 9.000 kg. A cette époque Doug Peterson disait : "je suis resté sur un faible déplacement pour réduire les couts, mais après les calculs j'ai constaté que ce serait aussi meilleur pour le rating." Je savais que d'autres architectes essayaient d'avoir des bateaux les plus grands possibles mais je suis revenu au fondamental et à ce que je pensais être le mieux pour concevoir un bateau rapide.

 

 

 

Le Championnat des One Tonner de l'Amérique du Nord se tenait au Yacht Club de San Diego, fin Mai 1973. Avec des coulures de peinture encore fraîche sur sa coque, Ganbare dominait la série contre toute attente, et se qualifiait pour la Sardaigne (Avec Ted Turner sur Lightning, un S&S, et Ted Hood sur son dernier Robin.)

Quoiqu'il en soit, Ganbare n'était pas pris au sérieux par ses concurrents rassemblés en Sardaigne. Les qualifications US s'étaient déroulées dans du vent léger sensé favoriser Ganbare, petit et léger One Tonner. La One Ton Cup elle-même devait se courir dans les bouches de Bonifacio réputées pour leur vent fort et leurs eaux agitées. Ganbare qui avait été optimisé pour les qualifications se voyait retirer les gueuses de plomb (Photo ci-dessous) installées à la hâte et resurfacer sa coque qui perdait son enduit par plaques aux sélections US.

 

 

 Mais même dans la brise, Ganbare marchait vite et remportait 4 des 5 courses disputées sur la OTC.   Mais la coupe devait tout de même lui échapper. Dans la course moyenne, une erreur de navigation pénalisé à 5% du temps, pour avoir pris une marque dans le mauvais sens, le faisait passer de 1er à 13ème de cette manche à coefficient. L'Italien Ydra, dessiné par Dick Carter, qui avait terminé second en 1972, prenait alors la tête du classement. Sa victoire sur un rond olympique alors que Ganbare faisait 3, assurait à Ydra la victoire cette fois.

 

 

 

 

 L'Italie remportait enfin la One Ton Cup, mais Peterson était présenté comme vainqueur moral à la tribune de la remise des prix.

Les dessins IOR suivants auront des arrières plus larges les rendant plus "contrôlables" et plus faciles pour les équipages. Dans milieu des années 70, voir fin 70, les carènes étaient plus faciles à barrer que de nombreuses carènes pincées de début 70. Le problème avec l'IOR ce n'était pas la jauge elle-même, mais toutes les "astuces" introduites par son comité directeur. Ce passage à des arrières plus pleins arrivera au cours de la phase de déclin de la jauge. J'en veux pour preuve le fameux Sweet Okele encore compétitif et le Two Ton Thunderbird. A la barre de Marionette on était comme derrière le volant d'une limousine au portant ! Cela aura été l'un des meilleurs bateaux IOR jamais dessinés.

 

 

                

 

 

 

 

La fin de cette jauge est survenue parce que les propriétaires n'ont pas obtenu un minimum d'adaptations et une plus pérennité des versions successives. Un bateau qui perd 75% de sa valeur en trois ans, cela a fait fuir la majorité des propriétaires !

Sous l'ère de l'IOR vous n'aviez pas de propriétaires ou de comités de course qui pleurnichaient quand il y avait 25 nœuds de Nord sur un départ. Je me souviens d'un nombre incalculables de courses courues sous 25 nœuds au départ avec aggravation météo annoncée. Certes il y avait peu de bateau de portant, mais ce sont des fusées dans la brise. Il semblerait qu'avec nos nouveaux dessins de bateaux nous ayons moins de parcours comportant une majorité d'allures de près.

 

Les Big Boy étaient sympa ces années-là, mon meilleur souvenir en est qu'après une nuit de fête, en envoyant cette voile le deuxième jour de l'épreuve, des paires de collants sont partis en l'air ! L'un des équipiers a dit "c'est bien lui" quand il l'a récupéré sur le pont.

 

Julian Everitt, Garry Mull, S&S, German Frers, Bruce Farr, Laurie Davidson et autres, y compris Doug Peterson réussissaient alors à transformer, au prix de quelques modifications, ces machines de guerre en bateaux stables sur des parcours banane. Le dessin du SisterShip du S&S 46, Obsession, était hyper stable au portant. Il faisait u cap d'enfer au près également, en croisière il se montrait remarquablement confortable, même si c'était un flush deck avec des banettes faites de tubes d'aluminium. On avait des bateaux de très bonne qualité qui pouvaient avoir une deuxième carrière dans des clubs, après les grandes épreuves. Finies les dépréciations, à moins que vous n'optiez pour l'achat d'un neuf. En les adaptant vous en mainteniez la valeur. On ne peut pas en dire de même des luges de portant modernes…

 

Hitchhiker faisait 40.5 pieds, c'était un plan IOR typique de ceux qui allaient bien au portant aussi. Il avait été dessiné par German Frers au début des années 80 pour Peter Briggs, un Australien de la côte Ouest. Ses lignes étaient héritées d'Acadia, le champion du SORC, et de Gitana le champion de la Two Ton Cup. La démarche était malgré tout plus moderne et conventionnelle, son déplacement était modéré, ses lignes très propres, ses fonds plats avec une quille profonde.

 

Un ratio favorable surface de toile/surface mouillée lui procurait de formidables accélérations. Le bateau a été construit en Kevlar/Klegecell chez Bakercraft à Perth, avec des cloisons longitudinales qui lui apportent une raideur incroyable. Briggs ajoutait au sérieux incroyable de la construction de son Hitchhiker en lui ajoutant un gouvernail en Titane de chez Speedwave et un mât Stearn.

 

 

 

 

Toutes ses cadènes étaient placées sous le pont, et comme tous les bateaux IOR de l'époque il pouvait recevoir du ballast sous ses planchers, situé très bas. Hitchhiker était jaugé IOR 31.2 pieds, ce qui est un rating raisonnable pour un 40 pieds. C'était la démonstration que G.Frers n'avait pas trop recherché la vitesse à travers des "déviations" de la jauge ni un rating bas.

Hitchhiker était très en avance sur le plan de la construction et du dessin, de ses performances à l'époque aussi. Il a été sélectionné deux fois pour représenter l'Australie dans deux Admiral's Cup (1981/1983) En 1983, lors de la préparation de la semaine de régate d'Hamilton, Briggs déclarait que c'était parce qu'il était bon dans toutes les conditions que c'était un grand bateau. Bien sûr, il roulait un peu, mais pas plus que les bateaux plus modernes. Bien sûr ils sont plus rapides, mais la plupart enfournent plus facilement que les IOR, et dans plus de 25 nœuds de vent et de la mer, la plupart de ces machines modernes sont à la peine !

  

 

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